
Le CPF, c’est quoi exactement ? Beaucoup d’actifs l’utilisent, mais sa définition précise, ses règles et ses usages soulèvent encore de nombreuses questions. Les organismes de formation sont souvent en première ligne pour expliquer son fonctionnement aux professionnels, sécuriser les parcours et accompagner les apprenants.
Cet article vous propose une lecture simple, fiable et exhaustive du Compte Personnel de Formation, avec un éclairage spécifique pour les OF afin d’améliorer la qualité de l’information fournie au public et de structurer vos démarches internes.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif de l’État permettant aux actifs d’accumuler des droits à la formation convertis en euros. Ce compte personnel suit l’individu tout au long de sa vie professionnelle, indépendamment de son entreprise, de son contrat ou de son temps de travail.
Le CPF a été conçu pour soutenir l’emploi en facilitant l’accès à la formation professionnelle. Il peut être utilisé pour répondre à plusieurs objectifs :
Les heures précédemment acquises par les salariés dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation) sont automatiquement basculées vers le CPF : ce dernier remplace donc le DIF depuis 2017 et s’inscrit dans un cadre légal qui encourage l’amélioration continue des compétences.
En résumé, un compte CPF sert à financer un parcours de formation professionnelle par les droits accumulés. Grâce à ce compte personnel de formation, l’usager choisit librement une formation CPF parmi un catalogue de formations éligibles. Il peut ainsi mobiliser ses droits et financer une action qui améliore son employabilité.
Le compte personnel de formation reste actif même en période sans emploi. Il n’appartient pas à l’employeur, et les droits CPF ne disparaissent pas tant que la personne reste en vie active.
Le compte personnel de formation CPF est alimenté automatiquement chaque année, en fonction du temps de travail déclaré. La majorité des actifs cumulent 500 € par an, tandis que les personnes considérées comme peu qualifiées obtiennent 800 €. Le montant accumulé ne peut dépasser un plafond de 5 000 € (ou 8 000 € pour les profils concernés).
Ces droits apparaissent dans l’espace personnel de l’usager sur le site Mon Compte Formation, sans démarche particulière. La mécanique d’alimentation repose sur la déclaration des employeurs ou des organismes publics, dont France Travail pour les périodes liées au chômage.
Le CPF s’alimente dans la plupart des situations :
Certaines périodes restent exclues de l’utilisation du compte formation :
Toutes les formations ne sont pas éligibles au CPF. Le compte formation ne finance que certaines catégories définies par la loi.
Pour être éligible, la formation doit être enregistrée :
Elle prépare alors à un métier ou à des compétences professionnelles clairement identifiées.
Sont également éligibles :
Certaines thématiques de formation sont éligibles lorsqu’elles s’inscrivent dans un projet professionnel cohérent :
Pour apparaître sur Mon Compte Formation, l’organisme de formation doit publier la formation en ligne via EDOF, le Portail d’Information des Organismes de Formation. Chaque centre de formation doit fournir un programme clair, indiquer les compétences visées, détailler la modalité d’évaluation et respecter les normes de qualité. Une formation incomplète, imprécise ou non conforme peut être refusée ou déréférencée du catalogue CPF.
Le CPF représente une partie importante du financement dans la formation continue. Le montant des droits CPF, le plafond, la nécessité pour les actifs d’acquérir des compétences nouvelles : tout concourt à faire du CPF un outil stratégique pour tout organisme de formation.
Avec plusieurs millions d’actifs disposant d’un compte CPF alimenté, le marché de la formation CPF reste très favorable. Chaque année, de nouveaux droits apparaissent, créant une demande régulière pour des formations certifiantes, notamment dans les secteurs en tension ou les métiers nécessitant une mise à jour régulière des compétences.
Pour proposer une formation CPF, l’organisme doit :
Les workflows automatisés SmartOF aident à structurer ces éléments : documents générés automatiquement, suivi d’assiduité, évaluations, gestion centralisée des sessions. Les formateurs n’ont ainsi plus qu’à se concentrer sur l’essentiel : la pédagogie elle-même.
Victime de son succès, le CPF a entraîné un certain nombres de dérives :
Pour répondre à ces dérives, l’État a sécurisé le dispositif et renforcé :
Les sanctions peuvent être lourdes en cas d’abus : déférencement immédiat de la formation sur Mon Compte Formation, exclusion du dispositif CPF et cessation de toute activité commerciale liée au CPF. La Caisse des Dépôts est également en droit d’exiger un remboursement total du financement perçu. En cas de fraude ou d’usurpation, les sanctions pénales s’élèvent à 75 000 € d’amende pour une personne physique, 375 000 € d’amende pour une entité morale, et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.
Les OF doivent fournir des informations claires, un programme de formation complet, un contrat conforme et un accompagnement transparent. Cela rassure un public souvent méfiant après les scandales liés au CPF. Pour plus de simplicité dans la structuration de vos actions CPF, SmartOF met à votre disposition une bibliothèque de modèles de documents conformes aux réglementations et aux critères Qualiopi.
Pour savoir quelle formation est accessible au CPF, rendez-vous sur le site officiel Mon Compte Formation ou sur l’application mobile du même nom. Il s’agit du seul catalogue officiel : il centralise l’ensemble des formations éligibles au Compte Personnel de Formation, classées par compétence, métier, secteur d’activité, localisation ou organisme.
Une fois connecté via FranceConnect+, l’utilisateur accède à un espace personnel où il peut :
Ce catalogue est strictement encadré : les formations affichées ont été vérifiées, et les organismes référencés doivent respecter les règles légales, notamment la conformité Qualiopi, les obligations d’assiduité et les exigences de publication.
Pour aider les organismes de formation à rassurer les apprenants et les entreprises tout en clarifiant certraines zones d’ombre, SmartOF vous propose des éléments de réponse.
Une fois acquis, les droits CPF restent inscrits sur le compte tant que la personne demeure en activité. Ils restent même effectifs des années après la fin de l’activité, ne disparaissent pas lors d’un changement d’emploi et ne sont pas remis à zéro lorsqu’on alterne périodes de travail, chômage ou formation.
Seule la retraite bloque leur utilisation. En dehors de ce cas, un compte laissé inactif plusieurs années reste pleinement mobilisable dès que son titulaire souhaite reprendre une formation.
Seules les formations certifiantes (RNCP/RS), la VAE, le bilan de compétences, le socle de connaissances et de compétences (CléA) et certains permis professionnels sont éligibles. Le CPF finance uniquement des compétences reconnues et utiles à l’emploi, pas des contenus généralistes ou non certifiants.
Une formation qui ne débouche pas sur une certification reconnue ou qui n'entre pas dans ces catégories ne peut pas apparaître sur Mon Compte Formation. Cette sélection garantit que le financement CPF cible réellement des compétences utiles à l’emploi et à la progression professionnelle.
Le CPF peut financer totalement une formation, mais ce n’est pas systématique. Si le montant disponible sur le compte formation est insuffisant, un reste à charge peut s’appliquer. L’usager peut alors compléter avec des fonds personnels ou solliciter un abondement externe : employeur, OPCO, région, ou France Travail pour les demandeurs d’emploi.
L’éligibilité d’une formation au CPF garantit sa conformité réglementaire, mais n’indique en rien la qualité pédagogique de l’enseignement. La qualité dépend de la rigueur et du professionnalisme de l’organisme : programme structuré, accompagnement, suivi personnalisé, évaluations régulières et moyens adaptés à la formation.
Bien que la certification Qualiopi vérifie ces bonnes pratiques, une formation CPF doit toujours être analysée sur son sérieux et sa reconnaissance, pas seulement sur son statut réglementaire.